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Camps de sans-abri à Paris : Emmanuel Grégoire veut « que la ligne 2 du métro soit totalement libérée avant l’hiver »
EXCLUSIF. Le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, annonce que la lutte contre le sans-abrisme sera « la priorité absolue » de ce second semestre et défend son plan de 4 000 places d’hébergement.
Par Thomas Rideau
Le 28 août 2026 à 17h26
Selon les derniers décomptes, le nombre de personnes sans abri à Paris a augmenté de 10 %. Au total, 3 857 personnes dorment dans la rue. Une situation dramatique pour ces personnes en détresse, parmi lesquelles plusieurs centaines d’enfants, qui provoque aussi des tensions croissantes avec les riverains, notamment autour du quai de Jemmapes (Xe arrondissement).
Emmanuel Grégoire, le maire (PS) de Paris, l’assure ce vendredi 28 août 2026 : avec le périscolaire, la lutte contre le sans-abrisme sera « la priorité absolue » cette année. Avec deux objectifs : libérer avant l’hiver le dessous de la ligne 2 du métro, où plusieurs campements se sont installés, et accélérer son plan de création de 4 000 places d’hébergement supplémentaires.
Il y a près de 4 000 personnes sans abri à Paris et des centaines d’enfants et de familles contraintes de dormir dehors. Que peut faire le maire de Paris ?
EMMANUEL GRÉGOIRE. Il faut faire beaucoup plus. La situation est insoutenable sur le plan sécuritaire, elle est insoutenable sur le plan moral et elle est insoutenable sur le plan économique. Nous avons une crise dans laquelle se mêlent à la fois un enjeu migratoire, mais d’abord un enjeu de précarité, d’accès et de prix du logement. Ce sera évidemment, avec le périscolaire, la priorité absolue de ce second semestre. Et je veux poser un principe clair : je ne veux pas de tentes ni personne dans la rue. Je ne peux pas me résoudre à accepter une forme de permissivité de la précarité dans l’espace public. Une tente dans la rue, ce n’est pas mieux que rien, c’est pire que tout.
Qu’est-ce qui va être fait dans la capitale pour résoudre cette « situation insoutenable » ?
Je veux que la ligne 2 du métro soit totalement libérée entre Colonel- Fabien et Barbès au plus tard au début de l’hiver, et que les personnes soient mises à l’abri. Nous allons y mettre tous les moyens nécessaires en matière d’hébergement, de maintien et de régulation de l’espace public. Le corollaire, parce qu’on va héberger, c’est d’empêcher les réinstallations. Je veux que tout l’argent que nous investirons dans l’hébergement d’urgence se traduise par une amélioration visible de l’espace public.
« Nous ne pouvons plus regarder ailleurs quand des enfants dorment dans nos rues »
Emmanuel Grégoire, maire (PS) de Paris
Où iront les personnes qui vivent actuellement sous la ligne 2 ?
On va prendre nos responsabilités. Il n’est pas question que les quartiers délaissés, qui sont déjà les plus précaires, récupèrent la douloureuse. Et je ne renverrai pas les tentes dans les communes d’à côté. Nous allons les héberger. C’est tout l’enjeu du plan de 4 000 places. Avec un objectif à court terme : zéro enfant à la rue cet hiver. L’objectif de 4 000 places, c’est sur le budget communal. Ce dimensionnement permet de créer une sorte de stock tampon de places destiné à renforcer les moyens que mobilise déjà l’État. Le baromètre de la FAS (Fédération des acteurs de la solidarité) et de l’Unicef témoigne de l’échec de la promesse de l’État qui avait été formulée sur ce sujet. Les chiffres sont terrifiants et nous ne pouvons plus regarder ailleurs quand des enfants dorment dans nos rues. En tout cas je ne peux plus l’accepter dans ma ville et j’ai même honte de ne pas pouvoir le faire immédiatement.
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La situation du quai de Jemmapes est-elle, selon vous, devenue hors de contrôle ?
La question n’est pas de savoir si c’est hors de contrôle. La question, c’est que c’est inacceptable. Les phénomènes que l’on décrit quai de Jemmapes étaient les mêmes porte des Poissonniers (XVIIIe), ce qui m’avait amené à demander son évacuation. Simplement, quai de Jemmapes, c’est plus visible que porte des Poissonniers.
« Si on veut que les gens ne votent pas pour l’extrême droite, il faut qu’on leur démontre qu’on est capables de répondre aux problèmes »
Emmanuel Grégoire
Pourquoi, pour vous, le sans-abrisme est un enjeu politique majeur à l’approche des prochaines élections nationales ?
À la veille d’enjeux électoraux majeurs, ce sujet et ces tentes dans l’espace public sont un symbole insoutenable et insupportable de décadence ou de déclin de notre pays. Si la sixième puissance mondiale n’est pas capable de gérer la situation d’urgence de quelques milliers de personnes qui sont dans la rue, elle aura du mal à faire croire à son peuple qu’elle est capable de faire face aux grands défis de l’avenir. Ces images-là, en boucle, sont du carburant pour l’extrême droite. C’est une bataille d’images. Si on veut que les gens ne votent pas pour l’extrême droite, il faut qu’on leur démontre qu’on est capables de répondre aux problèmes et de trouver des solutions. Et je sais que nous en sommes collectivement capables. Je me répète souvent cette phrase de Victor Hugo : tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli.
Comment concilier cette fermeté dans l’espace public avec votre position favorable à l’immigration ?
Faire croire, comme le fait une partie de la droite, et encore pire de l’extrême droite, qu’on réglera le problème migratoire uniquement par des politiques sécuritaires et de maintien de l’ordre, c’est un mensonge. Ceux qui croient qu’on réglera la situation uniquement par des outils de solidarité et d’hébergement se trompent aussi. La question n’est pas celle de l’immigration, mais de l’intégration.
Oui, il y a évidemment des gens qui n’ont rien à faire chez nous parce qu’ils sont condamnés, parce qu’ils sont délinquants pour certains. Moi, je suis pour l’universalité de l’accueil, mais aussi pour le respect des lois. La vérité, c’est que ce pays ne tourne pas sans ces sans-papiers. Ce pays ne sait pas s’occuper de ses aînés sans ces sans-papiers, ne sait pas faire tourner son système de santé, son industrie du bâtiment et probablement son agriculture sans cette main-d’œuvre. Nous devrions d’abord leur dire merci avant de leur cracher au visage.
Emmanuel Grégoire, le maire (PS) de Paris, l’assure ce vendredi 28 août 2026 : avec le périscolaire, la lutte contre le sans-abrisme sera « la priorité absolue » cette année. Avec deux objectifs : libérer avant l’hiver le dessous de la ligne 2 du métro, où plusieurs campements se sont installés, et accélérer son plan de création de 4 000 places d’hébergement supplémentaires.
Il y a près de 4 000 personnes sans abri à Paris et des centaines d’enfants et de familles contraintes de dormir dehors. Que peut faire le maire de Paris ?
EMMANUEL GRÉGOIRE. Il faut faire beaucoup plus. La situation est insoutenable sur le plan sécuritaire, elle est insoutenable sur le plan moral et elle est insoutenable sur le plan économique. Nous avons une crise dans laquelle se mêlent à la fois un enjeu migratoire, mais d’abord un enjeu de précarité, d’accès et de prix du logement. Ce sera évidemment, avec le périscolaire, la priorité absolue de ce second semestre. Et je veux poser un principe clair : je ne veux pas de tentes ni personne dans la rue. Je ne peux pas me résoudre à accepter une forme de permissivité de la précarité dans l’espace public. Une tente dans la rue, ce n’est pas mieux que rien, c’est pire que tout.
Qu’est-ce qui va être fait dans la capitale pour résoudre cette « situation insoutenable » ?
Je veux que la ligne 2 du métro soit totalement libérée entre Colonel- Fabien et Barbès au plus tard au début de l’hiver, et que les personnes soient mises à l’abri. Nous allons y mettre tous les moyens nécessaires en matière d’hébergement, de maintien et de régulation de l’espace public. Le corollaire, parce qu’on va héberger, c’est d’empêcher les réinstallations. Je veux que tout l’argent que nous investirons dans l’hébergement d’urgence se traduise par une amélioration visible de l’espace public.
« Nous ne pouvons plus regarder ailleurs quand des enfants dorment dans nos rues »
Emmanuel Grégoire, maire (PS) de Paris
Où iront les personnes qui vivent actuellement sous la ligne 2 ?
On va prendre nos responsabilités. Il n’est pas question que les quartiers délaissés, qui sont déjà les plus précaires, récupèrent la douloureuse. Et je ne renverrai pas les tentes dans les communes d’à côté. Nous allons les héberger. C’est tout l’enjeu du plan de 4 000 places. Avec un objectif à court terme : zéro enfant à la rue cet hiver. L’objectif de 4 000 places, c’est sur le budget communal. Ce dimensionnement permet de créer une sorte de stock tampon de places destiné à renforcer les moyens que mobilise déjà l’État. Le baromètre de la FAS (Fédération des acteurs de la solidarité) et de l’Unicef témoigne de l’échec de la promesse de l’État qui avait été formulée sur ce sujet. Les chiffres sont terrifiants et nous ne pouvons plus regarder ailleurs quand des enfants dorment dans nos rues. En tout cas je ne peux plus l’accepter dans ma ville et j’ai même honte de ne pas pouvoir le faire immédiatement.
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La question n’est pas de savoir si c’est hors de contrôle. La question, c’est que c’est inacceptable. Les phénomènes que l’on décrit quai de Jemmapes étaient les mêmes porte des Poissonniers (XVIIIe), ce qui m’avait amené à demander son évacuation. Simplement, quai de Jemmapes, c’est plus visible que porte des Poissonniers.
« Si on veut que les gens ne votent pas pour l’extrême droite, il faut qu’on leur démontre qu’on est capables de répondre aux problèmes »
Emmanuel Grégoire
Pourquoi, pour vous, le sans-abrisme est un enjeu politique majeur à l’approche des prochaines élections nationales ?
À la veille d’enjeux électoraux majeurs, ce sujet et ces tentes dans l’espace public sont un symbole insoutenable et insupportable de décadence ou de déclin de notre pays. Si la sixième puissance mondiale n’est pas capable de gérer la situation d’urgence de quelques milliers de personnes qui sont dans la rue, elle aura du mal à faire croire à son peuple qu’elle est capable de faire face aux grands défis de l’avenir. Ces images-là, en boucle, sont du carburant pour l’extrême droite. C’est une bataille d’images. Si on veut que les gens ne votent pas pour l’extrême droite, il faut qu’on leur démontre qu’on est capables de répondre aux problèmes et de trouver des solutions. Et je sais que nous en sommes collectivement capables. Je me répète souvent cette phrase de Victor Hugo : tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli.
Comment concilier cette fermeté dans l’espace public avec votre position favorable à l’immigration ?
Faire croire, comme le fait une partie de la droite, et encore pire de l’extrême droite, qu’on réglera le problème migratoire uniquement par des politiques sécuritaires et de maintien de l’ordre, c’est un mensonge. Ceux qui croient qu’on réglera la situation uniquement par des outils de solidarité et d’hébergement se trompent aussi. La question n’est pas celle de l’immigration, mais de l’intégration.
Oui, il y a évidemment des gens qui n’ont rien à faire chez nous parce qu’ils sont condamnés, parce qu’ils sont délinquants pour certains. Moi, je suis pour l’universalité de l’accueil, mais aussi pour le respect des lois. La vérité, c’est que ce pays ne tourne pas sans ces sans-papiers. Ce pays ne sait pas s’occuper de ses aînés sans ces sans-papiers, ne sait pas faire tourner son système de santé, son industrie du bâtiment et probablement son agriculture sans cette main-d’œuvre. Nous devrions d’abord leur dire merci avant de leur cracher au visage.
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